RALLI Théodore (1852-1909) - La vendeuse de cierges
  adjugé 101000 € à Pau - (record mondial pour ce peintre)

 

 

 

Dès la mise en place du nouveau statut des Ventes aux Enchères publiques, l'unité de compte - le dollar - et la référence au concept de "marché" démontrent, si besoin était, que les nouveaux Opérateurs Anglo-Saxons ont fait rentrer une logique d'entreprise dans les HÔTELS DES VENTES.

Les COMMISSAIRES-PRISEURS français ont dû par conséquent relever le défi. À PARIS comme à PAU avec sérénité.

 
En effet, si les sociétés d'Outre-Manche - notamment Sotheby's et Christie's - peuvent offrir à la clientèle des prestations spécifiques grâce à leurs implantations internationales permettant de réunir des acheteurs exotiques autour d'objets exceptionnels, elles prennent rapidement conscience, dans l'hexagone, des limites de leur politique de marketing.

Parmi celles-ci, on peut d'ores et déjà noter :

  1. Que les Anglo-Saxons ont pour habitude de considérer les ventes aux enchères publiques comme un moyen ordinaire de "faire du commerce" dans la plus totale liberté.

Or, le nouveau statut des ventes aux enchères veut rester, dans la tradition juridique française, très protecteur des usagers des HÔTELS DES VENTES.

Ainsi, contrairement à ce qui est permis outre-atlantique les commerçants spécialisés - antiquaires, galeries, courtiers, etc... - ne seront pas autorisés à vendre leurs meubles et objets mobiliers par l'intermédiaire des Ventes aux Enchères Publiques. À quelques exceptions près, prévues expressément par la Loi. Les tolérances actuellement constatées risquent désormais de ne point subsister.

L'énorme chiffre d'affaires généré par les relations entre les maisons de ventes aux enchères anglaises et les marchands, ne se retrouvera donc pas en France, sous peine de sanctions pénales graves. Cette restriction, comme chacun le sait, tend à protéger le commerce traditionnel mais, par ricochet, évite beaucoup de déconvenues aux acquéreurs, les marchandises provenant de particuliers étant dans l'ensemble les plus loyales et les plus abordables.

  1. Que les garanties données aux acquéreurs ne sont pas uniquement celles légales du commerce ordinaire. Il y a aussi : garantie d'origine, description contractuelle précise, garantie d'époque, etc... Le tout sanctionné par une éventuelle annulation de l'enchère et l'octroi de dommages-intérêts.

  2. Paris n'est pas New York, ni les Pyrénées le Texas (même s'il y a aussi du pétrole ... ). La fortune y est plus modeste, plus discrète, plus craintive. Pas plus qu'on n'y choisit son avocat uniquement parce qu'il facture en millions de dollars, on ne fait appel à un médecin ou à un notaire, parce qu'il vous fera recevoir dans un Hôtel particulier historique, par une hôtesse branchée et trilingue...

La confiance y est avant tout une question de proximité sociale, d'enracinement.

Le marketing y est à géométrie très variable.

Finalement :

  • mêmes prestations encadrées par une Loi d'ordre public,

  • même marché intérieur,

  • même tarif pour grands et moins grands.

et en outre, plusieurs siècles de tradition au service de tous.